Taux votés · Communes et intercommunalités
Six angles tirés de l'analyse des taux votés par les 34 841 communes et 1 250 intercommunalités qui ont notifié leurs décisions à la DGFiP. Classés par potentiel de reprise.
La carte de France des taux composite 2026/2025
Taux cumulé moyen de foncier bâti par département, hors TEOM. Survolez pour le détail, cliquez sur un département pour ouvrir sa fiche complète. Le second mode colore la part de communes ayant augmenté leur taux communal en 2026.
OUTRE-MER
Chaque rentrée, la presse commente les hausses de taux votées par les collectivités. C'est la moitié visible du calcul, et la moitié sur laquelle le propriétaire n'a aucun recours : un taux voté ne se conteste pas. Ce dossier documente cette actualité, département par département, à partir des fichiers DGFiP.
Mais le sujet neuf est ailleurs. L'autre moitié du calcul, la valeur locative cadastrale, est propre à chaque logement, repose sur des fiches d'évaluation rarement mises à jour depuis la construction. Et elle, se conteste. Sur les 1 351 biens audités par orka.tax, 87 % présentent une surévaluation, pour un écart moyen de 260 € par an. C'est l'angle développé en fin de dossier, et celui que nous proposons aux rédactions.
Le taux cumulé additionne les parts communale, syndicale, intercommunale et les taxes spéciales d'équipement, hors TEOM.
Tous les taux de ce dossier ne sont pas ceux de 2026. La DGFiP ne publie, dans ses fichiers de taux votés, que la part communale et la part intercommunale. Les parts syndicales, les taxes spéciales d'équipement et la GEMAPI n'y figurent pas : elles sont ici au millésime 2025, et ne seront actualisables qu'avec le REI, attendu en 2027.
La règle est simple et vaut dans tout le dossier : un « taux communal » est un taux 2026, publié par la DGFiP et vérifiable ; un « taux cumulé » est composite : parts communale et intercommunale 2026, parts syndicale et taxes spéciales 2025, hors TEOM. Les évolutions 2025 → 2026 ne sont calculées que sur la part communale, donc sur des millésimes homogènes.
Concrètement : les comparaisons entre communes et les ordres de grandeur tiennent, mais un taux cumulé ne doit pas être présenté comme le taux 2026 d'une commune, ni cité au point de base près. Les composantes sont détaillées ligne à ligne dans le classeur joint.
Titre proposé
C'est le mouvement le plus net de l'année, et personne ne l'a relevé. La taxe d'habitation sur les résidences secondaires est la seule des quatre taxes locales dont la proportion de hausses progresse en 2026 : 16,4 % des communes, soit 5 716, ont augmenté leur taux, contre 13,6 % pour le foncier bâti et 9,1 % pour la cotisation foncière des entreprises. Parmi elles, environ 2 400 sont passées par la majoration spéciale du taux, la dérogation créée par la loi de finances pour 2024.
Le mécanisme explique le reste. Avant 2024, les règles de lien entre les taux imposaient une contrepartie : une commune qui voulait relever son taux de taxe d'habitation devait relever aussi ses taux de foncier, donc la facture de tous ses habitants permanents. La majoration spéciale, créée par l'article 151 de la loi de finances pour 2024 et modifiée par l'article 116 de la loi de finances pour 2026, a supprimé ce verrou : la commune peut désormais relever le taux de THS « sans avoir besoin d'augmenter corrélativement le taux de TFPB et de TFPNB » (les termes sont ceux de la DGFiP, note d'août 2026, page 2). Elle permet donc de lever de la ressource sur des propriétaires qui, par définition, ne sont pas inscrits sur les listes électorales de la commune.
Communes ayant recouru à la majoration spéciale du taux de THS
Dispositif de la loi de finances pour 2024 (article 1636 B sexies du CGI), distinct de la surtaxe de 5 à 60 % en zone tendue. Ordres de grandeur publiés par la DGFiP ; 2024 est l'année de première mise en œuvre.
« Majorer la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, c'est lever de l'impôt sur des propriétaires qui n'ont pas le droit de vote dans la commune. C'est légal, c'est parfois justifié par la tension du marché du logement. Mais la question mérite d'être posée : jusqu'où peut-on faire financer une politique locale par ceux qui n'ont pas voix au chapitre ? »
Deux dispositifs à ne pas confondre
Deux notes DGFiP, deux mécanismes, deux chiffres. Les deux sont exacts, et ils se cumulent sur un même bien.
| Majoration spéciale du taux (cet angle) | Surtaxe en zone tendue | |
|---|---|---|
| Fondement | Art. 1636 B sexies du CGI, créé par la LF 2024 (art. 151), modifié par la LF 2026 (art. 116) | Art. 1407 ter du CGI |
| Qui peut l'utiliser | Toutes les communes percevant la THS | 3 689 communes classées en zone tendue |
| Effet | Relève le taux de THS, sans obligation de relever le foncier | Ajoute de 5 à 60 % à la cotisation |
| Communes en 2026 | ~2 400 | 1 666, dont 688 au maximum de 60 % |
| Un an plus tôt | ~1 300 | 1 629 |
| Tendance | Quasi-doublement | +37 communes, taux moyen 41,8 % |
La lecture croisée des deux notes est l'angle. La surtaxe zone tendue, celle des articles sur les stations balnéaires, progresse de 37 communes en un an. Le mécanisme discret de la loi de finances 2024 double. La hausse ne passe pas par l'outil que tout le monde surveille ; elle passe par celui dont personne ne parle.
Un exemple chiffré, les deux leviers cumulés
Résidence secondaire dans une commune en zone tendue. Valeur locative de 4 000 €, taux illustratifs.
| Étape | Mécanisme | Cotisation |
|---|---|---|
| Situation initiale | Taux communal de THS : 15 % | 600 € |
| La commune relève son taux à 20 % | Majoration spéciale du taux (LF 2024) : possible sans toucher au foncier des résidents | 800 € |
| Elle vote en plus la surtaxe de 60 % | Art. 1407 ter, réservé aux zones tendues | 1 280 € |
L'angle se décline immédiatement sur le terrain : littoral atlantique et méditerranéen, stations de montagne, zones tendues. Le contre-argument des maires (financer le logement permanent là où la résidence secondaire assèche le marché) est solide et mérite d'être porté, ce qui rend le sujet équilibré plutôt que polémique.
Titre proposé
Le contribuable qui découvre son avis d'imposition s'en prend à son maire. Dans la moitié des communes françaises, 9,4 % au moins du taux de foncier bâti lui échappe pourtant : il est voté par l'intercommunalité, par un syndicat, ou prélevé au titre des taxes spéciales d'équipement. Dans un dixième des communes, cette part dépasse 23,6 %.
Aux extrêmes, le décrochage devient spectaculaire. 1 001 communes reversent plus du tiers de leur taux, 30 en reversent plus de la moitié. Et à Sorbiers, dans les Hautes-Alpes, le taux communal de foncier bâti est nul : 100 % de la taxe foncière y est décidée ailleurs.
Où le conseil municipal décide le moins composite 2026/2025
Décomposition du taux de foncier bâti, en points de taux. Les huit communes où la part communale est la plus faible. Parts communale et intercommunale 2026 ; parts syndicale et taxes spéciales 2025.
« On demande aux maires de rendre des comptes sur un impôt dont ils ne votent parfois qu'une fraction. Tant que l'avis d'imposition n'indiquera pas clairement qui a voté quoi, le débat sur la fiscalité locale restera un débat aveugle, et le contribuable continuera de s'adresser à la mauvaise porte. »
C'est l'angle qui installe le mieux un discours de transparence : il ne dénonce personne, il montre que l'impôt le plus contesté de France est aussi celui dont l'origine est la moins lisible pour celui qui le paie.
Titre proposé
2026 est le premier budget voté après les élections municipales des 15 et 22 mars. Dans les grandes villes, le résultat est un gel intégral : de Grenoble, la plus taxée du panel avec 67,54 % de taux cumulé, à Paris, la moins taxée avec 21,07 %, aucune n'a touché à son taux de foncier bâti.
Le contraste avec le reste du pays est le cœur du sujet. La DGFiP mesure que 14,3 % des habitants des communes de moins de 500 habitants subissent une hausse de leur taux communal, contre 4,7 % dans les villes de 10 000 à 100 000 habitants. La contrainte budgétaire ne disparaît pas : elle se déplace vers les communes qui ont le moins de marges et le moins de visibilité médiatique.
Taux cumulé de foncier bâti, 36 grandes villes composite 2026/2025
Parts communale et intercommunale 2026, parts syndicale et taxes spéciales 2025. Nice, seule à avoir modifié son taux communal, est mise en évidence. Le gel constaté porte sur la part communale, millésime 2026.
Le gel s'arrête d'ailleurs aux très grandes villes. Un cran en dessous, les hausses sont franches : Fréjus passe de 35,94 % à 44 % (+8,06 points), Drancy de 42,49 % à 48,49 %, Montrouge de 19,98 % à 24,98 % et Clamart de 22,98 % à 26,86 %. La ligne de partage n'est pas entre l'urbain et le rural, elle est entre les communes très exposées médiatiquement et toutes les autres.
« Le gel affiché dans les grandes villes n'est pas une bonne nouvelle, c'est un déplacement. Quand une commune de quatre cents habitants augmente son taux de quinze points, personne n'écrit d'article. Le propriétaire, lui, constate la même chose sur son avis : il paie plus. »
Titre proposé
Un même bien, une même valeur locative, et une note qui varie du simple au quintuple selon la commune. L'Aude concentre quatre des cinq taux les plus élevés de France et affiche une moyenne départementale de 62,08 %, quand les Yvelines sont à 29,59 % et Paris à 21,07 %.
Le retournement qui fait l'article : Paris, devenue le symbole national de la flambée après la hausse de 52 % votée en 2023, reste la commune la moins taxée de France. La perception publique de la taxe foncière est structurée par les grandes villes, alors que les taux réellement élevés se trouvent dans le rural du Sud-Ouest et du Languedoc.
Distribution des taux cumulés de foncier bâti composite 2026/2025
Nombre de communes par tranche de taux cumulé, hors TEOM. Médiane : 40,11 %.
Titre proposé
La Guyane (59,95 %) et la Guadeloupe (59,45 %) se classeraient respectivement deuxième et quatrième département de France si on les rangeait avec l'Hexagone. À Anse-Bertrand, en Guadeloupe, le taux communal atteint 86 %. Ces niveaux s'appliquent à des territoires où le revenu médian est de l'ordre de la moitié du niveau national.
Mayotte apporte le mouvement le plus violent de l'année : Chirongui augmente son taux de 127 % en une année (de 14,98 % à 34 %) et Kani-Kéli de 106 %. Le département part de très bas (25,97 % de taux cumulé moyen, le plus faible de France après Paris), mais l'accélération est sans équivalent.
Taux cumulé moyen de foncier bâti par territoire composite 2026/2025
Moyenne des communes de chaque territoire. L'Hexagone figure en gris pour référence.
Titre proposé
Tous les papiers de rentrée parleront du taux. Aucun ne dira que le taux ne s'applique pas à la valeur du bien, mais à une valeur locative cadastrale déterminée à partir des conditions du marché locatif de 1970, actualisée depuis par des coefficients forfaitaires.
La conséquence est arithmétique et rarement expliquée : l'erreur de base n'est pas additionnée au taux, elle est multipliée par lui. Un logement dont la valeur locative est surévaluée de 20 % voit son injustice s'aggraver mécaniquement à chaque point de taux voté, et 13,6 % des communes en ont voté un cette année.
C'est l'angle que personne d'autre ne peut écrire aussi bien, parce qu'il suppose de disposer à la fois des taux et des tarifs cadastraux par local. Et c'est celui qui transforme un marronnier de rentrée en sujet de fond sur l'équité fiscale.
Angle porté par orka.tax · communiqué disponible sur demande
Les six angles qui précèdent portent tous sur le taux. Or le taux n'est que la moitié du calcul, et c'est la moitié qui ne se conteste pas : un taux voté ne s'attaque pas. L'autre moitié, la valeur locative cadastrale, est propre à chaque logement, et personne ne la vérifie.
Cette base est calculée à partir de la fiche d'évaluation du local, renseignée pour l'essentiel l'année de la construction et rarement mise à jour depuis : catégorie de standing, surface pondérée, coefficient d'entretien, éléments de confort. Une ligne fausse sur cette fiche, et la facture est fausse, chaque année, sans limite de durée, jusqu'à ce que quelqu'un la corrige. S'y ajoute en 2026 la revalorisation forfaitaire nationale des bases, fixée à + 0,8 %, qui s'applique indistinctement aux valeurs justes et aux valeurs erronées.
Données internes orka.tax portant sur l'ensemble des vérifications approfondies réalisées, arrêtées au 26 août 2026.
« Chaque année, à la même date, on explique aux propriétaires pourquoi leur taxe augmente. Personne ne leur dit qu'elle peut être fausse. Une hausse de taux, vous la subissez : c'est un vote. Une catégorie surclassée ou une surface mal pondérée, c'est une erreur, et une erreur se corrige. Notre travail, chez orka.tax, c'est de comparer la fiche d'un logement avec ce que l'administration applique aux biens équivalents de la même commune. Quand l'écart existe, il est chiffrable, il est documentable, et il se récupère. »
Une anomalie corrigée produit deux effets : le remboursement des sommes indûment versées sur les années non prescrites, et la rectification de la valeur locative pour l'avenir, qui allège la taxe foncière année après année.
Le calendrier joue pour le propriétaire. Les avis 2026 sont mis en ligne le 27 août pour les non-mensualisés et le 19 septembre pour les mensualisés. Le paiement reste dû le 15 octobre, le 20 octobre en ligne. Mais la réclamation contre l'avis 2026 est recevable jusqu'au 31 décembre 2027 (article R*196-2 du Livre des procédures fiscales) : le délai est large, et il ne dispense pas de payer aux échéances prévues.
Plateforme legaltech française fondée par Manon Bellin et Gary Cahn, avocats au Barreau de Paris, spécialisés en fiscalité locale. La bonne valeur locative de chaque logement est recalculée à partir des informations fournies par le propriétaire, puis comparée à celle que l'administration applique sur sa fiche d'évaluation : l'écart, s'il existe, est chiffré et documenté.
Choisissez une région pour une lecture d'ensemble, ou descendez au département : chaque échelon dispose de son paragraphe d'accroche prêt à l'envoi et de ses palmarès. Les données sont issues du même fichier DGFiP que le dossier national.