Chiffres et études
Taxe foncière : 55 milliards et 87 % d'avis surévalués
Mis à jour le 17 juin 2026

En bref : la taxe foncière a rapporté 55,13 milliards d'euros en 2025, dont 63 % payés par les particuliers, pour une facture moyenne de 1 669 € par propriétaire. La DGFiP reconnaît elle-même que les bases reposent sur les loyers de 1970. Résultat : 87 % des avis vérifiés par Orka présentent une surévaluation de la base de calcul, pour un trop-payé moyen observé de 260 € par an, récupérable sur les années non prescrites.
La taxe foncière a rapporté 55,13 milliards d'euros en 2025, soit +2,8 % en un an et 1 669 € par propriétaire en moyenne. Le Figaro en a tiré un titre : « l'État peut dire merci aux propriétaires. » On pourrait le reformuler : l'État peut surtout dire merci aux propriétaires qui ne vérifient jamais leur avis. Car derrière ces milliards se cache une question que personne ne pose : combien sont calculés sur des bases justes ?
55,13 milliards d'euros : qui paie, et combien
La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est devenue l'un des piliers du financement des collectivités. Et ce sont massivement les particuliers qui la portent. Selon la note statistique n°46 de la DGFiP :
- Les particuliers représentent 94 % des redevables et acquittent 63 % de la TFPB nationale, soit 34,7 Md€ sur 55,1 Md€.
- La taxe a progressé de +2,8 % sur la seule année 2025.
- La facture moyenne atteint 1 669 € par propriétaire.
31 millions de propriétaires taxés sur des loyers de 1970
Le point le plus stupéfiant n'est pas un avis militant : c'est l'administration elle-même qui l'écrit. Dans sa note n°46, la DGFiP reconnaît que la valeur locative des locaux d'habitation est une fonction des valeurs de loyers observées localement dans les années 1970.
Autrement dit, la base de calcul de votre taxe foncière repose sur un cliché du marché locatif vieux de plus de cinquante ans, jamais réformé pour le résidentiel, alors que les locaux professionnels, eux, ont été révisés en 2017.
Deux poids, deux mesures : +23,7 % contre +9,6 %
Cette différence de traitement se chiffre. Sur la période 2018-2026 :
| Type de local | Évolution des bases 2018-2026 |
|---|---|
| Locaux d'habitation (non révisés) | +23,7 % |
| Locaux professionnels (révisés) | +9,6 % |
Les bases d'habitation ont donc été revalorisées deux fois et demie plus vite que celles des professionnels, sur une assiette qui, elle, n'a jamais bougé depuis 1970. Mécaniquement, plus le taux et la revalorisation montent, plus une erreur d'assiette coûte cher au contribuable.
87 % des avis vérifiés présentent une surévaluation
Ce n'est pas une statistique marketing : sur l'ensemble des vérifications approfondies réalisées par Orka, 87 % révèlent une surévaluation de la base de calcul. Les causes sont toujours les mêmes : valeurs cadastrales figées en 1970, surfaces pondérées mal calculées, coefficients d'entretien jamais actualisés, parcelles ou biens mal rattachés.
Sur les audits complets, le trop-payé moyen ressort à 260 € par foyer et par an, à multiplier par les années non prescrites. Pourtant, la plupart des propriétaires ne contestent jamais : non par fatalisme, mais par méconnaissance.
La bonne nouvelle : c'est vérifiable, et c'est contestable
Quand l'administration reconnaît elle-même que ses bases datent de 1970, vérifier sa taxe foncière n'est plus une lubie de fiscaliste : c'est du bon sens. Chaque propriétaire a le droit de contester sa valeur locative. Encore faut-il savoir comment, et c'est précisément ce qui bloque la majorité des contribuables.
Questions fréquentes
D'où vient le chiffre de « 87 % » ?
Combien puis-je espérer récupérer ?


Manon Bellin et Gary Cahn, avocats fiscalistes
Cofondateurs d'Orka.tax. Notre mission et nos qualifications